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En France, les jeunes n’ont pas suffisamment accès à l’apprentissage, et dans leur forme actuelle, les filières professionnelles au lycée (CAP, BEP ou baccalauréat professionnel) ne sont pas très porteuses pour ceux qui les suivent. En quoi ce déficit d’image et de considération est un handicap pour l’insertion et l’éducation ?

Ces filières cumulent en fait deux problèmes majeurs : elles ne débouchent pas assez souvent sur des emplois qualifiés et n’offrent à leurs diplômés que des chances limitées de poursuivre des études, alors même que certains programmes (DUT, BTS) sont censés les accueillir.

Pourtant, un diplôme de l’enseignement secondaire en filière professionnelle (EFP, pour « éducation et formation professionnelles ») augmente dans beaucoup d’autres pays les chances de trouver un emploi par rapport aux filières générales (de 11 points de pourcentage, en moyenne, chez les 25-34 ans ne poursuivant pas leurs études au niveau tertiaire), mais c’est à peine le cas en France.

De même, bien que certains pays aient accompli des progrès sensibles pour l’établissement de liens entre l’EFP et les autres composantes du système éducatif, en France, seuls moins de 5 % des jeunes qui obtiennent un diplôme professionnel du deuxième cycle du secondaire suivent ensuite des études post-secondaires. En France, à niveau égal de compétences, les diplômés des filières professionnelles du deuxième cycle du secondaire sont ainsi près de six fois moins susceptibles de poursuivre leur formation que les diplômés des filières générales (Perspectives de l’OCDE sur les compétences 2015).

Les réformes engagées dans la loi pour la refondation de l’école visent principalement à lutter activement contre l’échec scolaire et à limiter à terme le nombre de décrocheurs. Dans ce cadre, il conviendrait de renforcer les mesures prises par le gouvernement pour rehausser en France la qualité des filières professionnelles au lycée. Les données internationales montrent d’ailleurs que des filières professionnelles de qualité, en particulier au niveau du lycée, contribuent à récupérer les jeunes en situation de démobilisation scolaire, à améliorer les taux de réussite et à faciliter le passage de l’école à l’emploi.

Plus encore, la crise économique mondiale a suscité un regain d’intérêt pour l’EFP dans les pays de l’OCDE, et pendant toute sa durée, les pays dotés de systèmes performants en la matière, en particulier l’Allemagne, l’Australie et l’Autriche, sont parvenus à conserver un taux d’emploi relativement stable parmi les jeunes.

Source : OCDE (2015), Regards sur l’éducation : Rapport intermédiaire : Mise à jour des indicateurs relatifs à l’emploi et au niveau de formation.

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