méditationscolaire

Une équipe de chercheurs de l’université du Wisconsin à Madison a démontré l’effet positif de la méditation sur le développement du cerveau. Mais qu’en est-il de la mise en place de la méditation à l’école ? Quels sont les conclusions scientifiques ?

Une longue pratique de la méditation entraîne des modifications physiques dans le cerveau, selon une étude réalisée sur des moines bouddhistes. L’équipe de chercheurs de l’université du Wisconsin à Madison a comparé un groupe de dix étudiants volontaires novices en méditation, âgés d’une vingtaine d’années, à des moines formés dans la tradition tibétaine ayant de 10.000 à 50.000 heures de pratique dans cet exercice spirituel et dont l’âge médian est de 45 ans.

Alors que les groupes pratiquaient une méditation visant à engendrer un état “de compassion et d’amour pour le prochain”, les chercheurs ont constaté avec des électro-encéphalogrammes, « une très forte augmentation des ondes à haute fréquence gamma » chez les moines bouddhistes alors que le changement a été modeste chez les étudiants. Ces ondes, dont on pense qu’elles signalent l’activité des neurones, les cellules nerveuses, sont associées à une activité mentale intense. Dans tous les tests l’activité mentale des moines a été nettement plus intense que celle dans le groupe de novices.

De plus, le groupe de chercheurs a observé le cerveau des sujets avec un système d’imagerie par résonance magnétique qui a également montré une activité nettement plus élevée chez les moines bouddhistes que chez les étudiants. L’activité dans la partie préfrontale gauche du cortex cérébral, le siège des émotions positives, était intense chez les moines en méditation, submergeant l’activité de la partie droite de leur cortex, centre des émotions négatives et de l’anxiété. Les résultats de cette étude laissent à penser que le cerveau comme le reste du corps pourrait être intentionnellement modifié physiologiquement tout comme l’exercice physique accroît le volume musculaire, ont estimé ces chercheurs.

La médiation à l’école devient une pratique courante dans la ville de Vancouver au Canada. Et cela depuis près de 12 années. La pratique de la médiation dans les écoles de la ville s’inspire du programme « Mindup » (près d’un millier d’enseignants impliqués dans la région de Vancouver).

À l’école les élèves sont incités, en début de chaque cours, à se concentrer sur l’instant présent grâce à des exercices de respiration. À cela les élèves disposent de temps dans leur semaine pour un atelier où ils apprennent à contrôler leurs émotions à développer l’empathie et l’optimisme. Le bien-être des élèves est généralisé ce qui se répercute sur les résultats scolaires.

Cette pratique de la méditation chez les élèves de Vancouver est confortée non seulement par des résultats positifs sur les performances dans l’apprentissage mais aussi par la publication d’une étude scientifique publiée en janvier 2015. Cette étude a été menée par Kimberly Schonert-Reichl (Docteur en psychologie) où une comparaison des résultats scolaires est établie entre 2 groupes d’élèves issus de la même école et ayant strictement le même programme. Les conclusions sont claires et sans appel : celles-ci confirment, non seulement, une nette amélioration des résultats scolaires mais surtout une nette diminution des incivilités qui s’accompagne d’un comportement de respect de chaque élève vis-à-vis de leurs camarades et de leurs professeurs.

Les autorités éducatives de la province canadienne British Columbia (Colombie-Britannique) ont placé le développement personnel et la méditation au centre même des fondamentaux à acquérir au même titre que le lire écrire compter. Les enseignants et les formateurs peuvent donc participer aux programmes de formation mis à disposition par les autorités fédérales de la province canadienne. Ce programme de formation est basé sur le volontariat. Si rien n’est imposé aux équipes pédagogiques des écoles et des centres de formation professionnelle les volontaires sont nombreux.

L’introduction de la méditation dans l’éducation des jeunes semblent satisfaire une demande des entreprises de la province canadienne, voire même du pays entier. Dans une économie mondialisée où la compétitivité est le maître mot, les recruteurs canadiens, constate Kimberly Schonert-Reichl., « veulent des compétences humaines de contrôle de soi et de travail en équipe et non plus seulement des têtes bien pleines comme c’était le cas auparavant ».

À noter l’excellent classement du Canada dans l’étude PISA de l’OCDE édition 2015 où se distingue particulièrement la province du british Columbia, qui obtient, même, des scores proches de celui de Singapour, le meilleur élève du classement.

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