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Quels sont les effets de la télévision sur le mode d’apprentissage des enfants ? Quel en est l’impact sur les résultats scolaires ? Comment doivent se comporter les parents ?

Aujourd’hui très rares sont les ménages qui ne possèdent pas une télévision. C’est objet fait partie intégrante du foyer et nombreux sont ceux qui en ont plusieurs : dans le salon, dans la chambre des enfants. Avec l’offre pléthorique de programmes, que ce soit en satellite, en réseau câblé ou maintenant par les offres Internet, la télévision devient un moment de distraction majeur. Et avec les progrès de la qualité de l’image, par la généralisation des écrans plats, l’importance que prend la télévision n’est pas prête de décliner cela au détriment de bien d’autres distractions, que ce soit la lecture, le sport ou les moments en famille.

Dans la population adulte, certains se réjouissent de ce mouvement technologique, de cette facilité de l’accès à la distraction et de ce confort qu’il procure. Mais qu’en est-il des enfants ? Une exposition prolongée de nos chères têtes blondes devant le petit écran serait-il si nocif que cela ? La réponse est « oui ». C’est en tout cas ce qu’a montré le chercheur Jeffrey G. Johnson de la Columbia University dans son étude basée sur une population de 678 personnes habitant à New York.

Jeffrey G. Johnson a pu constater qu’au-delà de 4 heures de télévision par jour, les enfants et les adolescents développent un trouble de l’apprentissage qui se caractérise par des difficultés de concentration, des déficits d’attention, et une faible motivation à faire les devoirs le soir. Pour finir le chercheur constate que cette population de jeunes « accros » du petit écran développe une certaine forme d’ennui à l’école.

Comment cela s’explique t-il ? La présence prolongée (4 heures et plus) devant la télévision provoque petit à petit une dépendance. Le mode d’accès visuel à l’information est certes facile, mais à force, il devient quasi exclusif au détriment des autres modes, comme par exemple la lecture, qui réclame nettement plus d’effort. Chez ces jeunes, auprès desquels l’étude a été menée, la télévision amène une stimulation intellectuelle faible (comme la visualisation, l’imagination, l’apprentissage du vocabulaire et de l’orthographe, la réflexion…).

Les jeunes (ainsi que les adultes) qui arrivent à lire avec plaisir et relativement facilement n’acquièrent pas cette faculté par hasard. Elle ne se manifeste pas du jour au lendemain. Comme le souligne Maguy Chailley cette aptitude s’est développée dès le plus jeune âge par une habitude et une découverte de la lecture. « S’il existe des enfants, des adolescents, des adultes, bons lecteurs et déployant une grande activité intellectuelle lors de leurs lectures, c’est parce que depuis leur petite enfance, les écrits et les imprimés ont fait partie de leur environnement éducatif : on leur a lu des histoires, on leur a fait lire des livres, on leur a posé des questions sur ce qu’ils lisaient… ».

Pourquoi cette dépendance se créerait-elle chez les jeunes et non pas chez les adultes ou en tout cas beaucoup moins ? Les chercheurs en neurologie, (notamment grâce aux travaux de Jay Giedd et son équipe) savent que l’adolescence est une période assez délicate car c’est à ce moment que le cerveau évolue le plus avec toute sorte de transformations.
À 6 ans le cerveau atteint 90% de sa taille adulte, et est pleinement constitué entre 11 et 12 ans. Après cet âge la matière grise (constituée de neurones) diminue inexorablement.

Par contre, en se dirigeant vers l’âge adulte, les connexions neuronales (qui constituent la matière blanche) deviennent, elles, de plus nombreuses. Bref la circulation de l’information entre les neurones se fait plus rapidement. Ce qui est particulier est que cette perte de matière grise ne se fait pas tout à fait au hasard. Pour le chercheur en neurologie Jay Giedd, qui a mené ces travaux sur la plasticité du cerveau et sur les adolescents la perte de cellules grises répondrait à la loi du « soit on s’en sert soit ça se perd ».

En d’autres termes les neurones qui ne sont pas utilisés sont détruits. Il y a une forme d’élagage des cellules non-utilisées. Bref un enfant qui sera habitué à regarder la télévision verra son cerveau se développer dans cette direction d’où cette dépendance qui va se créer. Ça c’est l’effet pervers. Mais si on habitue un enfant à lire régulièrement, il aura en revanche plus de facilité à développer et à apprécier la littérature qu’un jeune qui se met vraiment à la lecture à 20 ans.

Il en est de même pour d’autres activités. Concrètement un enfant qui apprend à jouer de la musique entre 6 et 12 ans aura plus de facilité une fois adulte pour acquérir de nouvelles compétences musicales que ceux qui commencent plus tardivement.

Faut-il alors absolument multiplier les activités, notamment de lecture dès l’enfance et bannir toute télévision? Il ne faut pas, pour autant, tomber dans l’extrême inverse. La télévision a du bon, ce qui est à éviter c’est son excès (plus de 4 heures par jour). La télévision permet une facilité à l’accès au savoir qui n’existait pas il y a quelques années de cela et la multiplication des émissions ludo-éducatives est une évolution encourageante.

Source: Maguy Chailley, maître de conférences en sciences de l’éducation, elle a publié « télévision et apprentissages » (édition L’harmattan).

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