Troubles de l’attention et de l’hyperactivité: une surmédicalisation ?

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Le TDAH ou trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité, un trouble chronique caractérisé par des difficultés d’attention et / ou une hyperactivité et une impulsivité est associé un risque plus élevé de comportements à risque tels que l’usage de drogues, des comportements sexuels à risque ou encore une conduite automobile irresponsable.

La prévalence du TDAH n’en finit plus d’augmenter, avec environ 11% des enfants américains, âgés de 4 à 17 ans, diagnostiqués avec un TDAH et 70% de ces enfants traités par médicaments. De nombreuses études tentent d’expliquer et d’analyser la croissance de l’incidence des troubles de déficit de l’attention et hyperactivité (TDAH), parfois sous l’angle des ventes mondiales croissantes de médicaments (Ritaline®).

Cinq causes sont généralement évoquées, un lobbying de l’industrie pharmaceutique, l’influence de la psychiatrie américaine, l’adoption de critères plus souples pour le diagnostic, le rôle des associations de patients et une diffusion élargie de l’information via l’Internet. Plusieurs études ont suggéré que ce trouble, défini comme un groupe de symptômes comportementaux dont l’inattention, l’hyperactivité et l’impulsivité, devenait sur-diagnostiqué et surmédicalisé.

En particulier, une étude de 2012, publiée dans la revue Psychotherapy et le Journal of Consulting and Clinical Psychology a apporté des données fiables de ce sur-diagnostic. Une autre étude (américaine) de la Northwestern University montre que le nombre de ces diagnostics aurait augmenté de 66% en 10 ans et appelle à des protocoles de détection plus rigoureux. Enfin, citons cette étude de sociologues de la Brandeis University (US) qui suggère aussi que de trop nombreux enfants, simplement désobéissants ou un peu remuants sont diagnostiqués avec un TDAH, puis traités par méthylphénidate (Ritaline®).

Patrick Landman est psychanalyste et psychiatre et son livre (« Tous hyperactifs ? L’incroyable épidémie de troubles de l’attention ») nous explique les raisons du succès de ce diagnostic fantasque du TDAH.

Voilà qu’avec le DSM V s’ouvre à nos regards une vue magnifique qui réjouira tous les amateurs de catastrophes sanitaires galopantes. Tout comme l’autisme et son spectre hétéroclite, l’agitation est devenue une épidémie. C’est tout un peuple en pleine croissance qui se retrouve diagnostiqué TDAH, terme composite et hasardeux additionnant l’hyperactivité, les troubles de l’attention et l’impulsivité, seul le fait qu’ils peuvent être la cible d’un médicament « qui marche » à court terme, le méthylphénidate, molécule commercialisée en France sous les noms de Ritaline, Concerta ou Quazym, justifiant ce pudding nosologie.

Aux USA et maintenant en Europe, le TDAH nous renseigne sur les actuelles logiques de construction sociale d’un supposé trouble mental dans le sens où plusieurs tendances et acteurs sociaux ont façonné ce golem nosologie et lui font une promotion bruyante et de tous les instants : les enseignants débordés, plus ou moins dépendants selon les pressions qu’exercent les groupes de parents d’élèves, les familles anxieuses pour la scolarité de leurs enfants et/ou dépassées dans la vie quotidienne, des associations d’usagers sans omettre bien entendu le poids des firmes pharmaceutiques et la cohorte des experts dont la conviction de quelques-uns fut parfois clairement monnayée.

Le diagnostic de TDAH qui concerne de plus en plus les adolescents et les adultes, surtout dans sa forme « trouble de l’attention », convient bien aussi à l’engouement de la part de l’usager pour des produits prescrits à l’occasion d’événements comme des concours, des enjeux professionnels ou toute autre performance à accomplir ou dans une optique de défi, fréquente à l’adolescence. Il est fort à redouter que l’extension systématique de la réponse médicamenteuse à de nombreuses situations cliniques hétéroclites qui, par des traits plus ou moins vifs, rentrent dans le cadre mou et poreux du TDAH mène à une chronicisation tant du diagnostic que du traitement, lequel s’il peut aider à maîtriser le symptôme sera surconsommé soit en raison de l’angoisse du jeune, ou de celle du milieu familial qui encourage une telle consommation, soit encore par des cliniciens mal formés qui croient dur comme fer à la chimère de cette chaîne, qui veulent enrayer la « supposée chaîne pronostique allant du TDAH de l’enfance à la délinquance ou les conduites addictives à l’âge adulte » et qui s’appuient sur des études discutables où l’on confond prévision et prédiction.

Or, une telle chronicisation est un facteur de risque pour la santé de nos jeunes et certaines études sur les effets de médicaments comportant du méthylphénidate sont contradictoires mais certaines sont inquiétantes.

Patrick Landman démontre clairement que les diagnostics de TDAH ne reposent sur aucune base scientifique tangible, l’unité entre un comportement donné, une région cérébrale donnée et des structures cognitives précises étant tout à fait introuvable. L’usage étendu, chaotique et exclusif de la méthode diagnostique du TDAH ne peut mener qu’à cette piètre et dangereuse conjonction entre surmédicalisation, surdiagnostic et sur-prescription.

Sources: Santelog.com ; Labour Economics 5 July 2016 ; Olivier Douville (Cairn.info).

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Épidémie de myopie chez les enfants : les écrans responsables !

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Ces dernières années, nombreux sont les ophtalmologues à constater une hausse inquiétante de la myopie chez les plus jeunes. Le temps passé à l’intérieur devant les écrans est l’une des causes pointées du doigt par les professionnels.

Pour la deuxième année consécutive, la Fondation Krys, en partenariat avec le Tour de France, s’engage dans la prévention de la myopie. Tout au long du mois de juillet, le « Bus de la Vue » parcourra l’hexagone et s’arrêtera dans 8 villes-étapes du Tour afin de proposer des dépistages visuels gratuits aux Français. L’objectif : effectuer ces tests auprès de 1500 personnes, en visant en priorité les enfants.

Car les résultats de la dernière étude de l’enseigne menée en septembre 2016 ont de quoi alarmer : 81% des ophtalmologistes observent depuis 10 ans une augmentation de 14% des cas de myopie chez les enfants et les adolescents. Cette étude s’est notamment penchée sur le lien entre myopie et écrans, dont la tendance semble être confirmée par le fait que les enfants atteints par ce trouble visuel passeraient en moyenne 45 minutes supplémentaires par jour devant un écran.

Épidémie de myopie : des facteurs comportementaux et environnementaux

Lors d’une conférence donnée ce mardi 27 juin sur les nouveaux problèmes de santé visuelle en 2017, Jean-Paul Renard, Professeur en ophtalmologie et chercheur, explique qu’aujourd’hui, on parle d’une « véritable épidémie de myopie ». Avec des chiffres éloquents : dans les années 1970, il n’y avait que 20% de myopes en France. Quarante-cinq ans plus tard en 2015, c’est environ 40% de la population qui souffre de ce trouble visuel pouvant entraîner, en cas de myopie forte, de graves pathologies oculaires. Une recrudescence que l’on observe également dans les autres parties du monde, notamment dans les pays asiatiques, où les chiffres passent de 26% à 90% sur la même période.

Et ces tendances auraient une origine commune : la modification des comportements et des facteurs environnementaux. En effet, si l’une des causes de la myopie est liée à la génétique, il existe également des facteurs exogènes préoccupants : l’augmentation du temps passé à l’intérieur et notamment devant les écrans en vision rapprochée. Aujourd’hui, l’on estime à 40 heures par semaine le temps d’exposition à un ordinateur, un téléphone portable ou une tablette. Cette exposition prolongée aux écrans est dangereuse, du fait que ces derniers émettent une lumière bleue particulièrement nocive pour nos yeux : fatigue, sécheresse oculaire, maux de tête mais également dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) y sont liés.

Prévenir la myopie : passez du temps dehors !

De plus en plus, les chercheurs se penchent sur cette problématique pour tenter de trouver des moyens de prévenir la myopie. Et dernièrement, l’European Eye Study en a étudié un qui se montre particulièrement prometteur : passer plus de temps dehors, tout simplement ! En effet, rester au minimum 40 minutes par jour à l’extérieur suffirait à réduire le risque de myopie. Si le soleil émet des ultraviolets et de la lumière bleue, ces derniers restent beaucoup moins forts que la lumière bleue produite par nos écrans. La lumière naturelle aurait donc un effet protecteur sur l’apparition et la progression de ce trouble visuel.

Si les moyens de contrôler la myopie se développent peu à peu, le dépistage et la prévention restent la clé pour détecter ce trouble visuel qui apparaît dans l’enfance et qui peut se révéler très handicapant : dès ses 9 mois, un enfant peut se faire dépister pour ensuite être contrôlé régulièrement (tous les 6 mois). Et pour surveiller le temps passé devant les écrans, les parents peuvent retenir une règle simple : jusqu’à 3 ans, pas plus de 10 minutes par jour, entre 3 et 6 ans, maximum 20 minutes et enfin 30 minutes pour les enfants âgés entre 6 et 9 ans.

Source: Magicmaman.com, par Morgane Garnier et Myriam Benarousse (28/06/2017)

La surexposition aux écrans des tout-petits : un vrai danger !

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Dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, un collectif de professionnels de santé alerte sur les dangers de la surexposition aux écrans pour les bébés et les jeunes enfants.

« Nous, professionnels de la santé et de la petite enfance, souhaitons alerter l’opinion publique des graves effets d’une exposition massive et précoce des bébés et des jeunes enfants à tous types d’écrans : smartphone, tablette, ordinateur, console, télévision », indiquent les auteurs de la tribune publiée ce 31 mai dans le journal Le Monde. « Nous recevons de très jeunes enfants stimulés principalement par les écrans, qui, à 3 ans, ne nous regardent pas quand on s’adresse à eux, ne communiquent pas, ne parlent pas, ne recherchent pas les autres, sont très agités ou très passifs », poursuivent-il.

Troubles du comportement

Les spécialistes expliquent que dans ces conditions, le cerveau des bébés ne peut pas se développer normalement. Deux mécanismes sont en jeu d’après eux : la captation de l’attention involontaire et le temps volé aux activités d’exploration. Ainsi, des retards de langage et de développement apparaissent de plus en plus fréquemment chez des enfants qui ne présentent aucune déficience neurologique.

Les professionnels du collectif font clairement la comparaison des symptômes observés chez ces enfants* avec les troubles du spectre autistique : absence total de langage à 4 ans, troubles de l’attention, troubles relationnels, stéréotypies gestuelles, intolérance marquée à la frustration. « L’enfant est en contact permanent avec les écrans : de façon directe ou indirecte, quand un écran est allumé dans la pièce où l’enfant se trouve, ou lorsque le parent regarde son portable mais ne regarde plus son enfant. »

Manque de stimulation

Pour les médecins, un bébé ne peut se développer normalement sans stimulation des parents. « Il ne peut accéder à une conscience de soi et développer un langage humain de communication et d’échange avec l’adulte. » Dès que l’écran est retiré, une amélioration est observée au niveau de l’attention, du langage et du comportement.

« Aujourd’hui, ces enfants sont adressés systématiquement pour un bilan hospitalier puis pour une prise en charge multidisciplinaire et entrent dans le champ du handicap », poursuivent-ils. Or, selon eux, la première intention de tout professionnel de l’enfance devrait être de poser la question de l’exposition aux écrans. Ce problème doit être un enjeu de santé publique. L’expérience des professionnels de santé montre que ce phénomène concerne tous les enfants quel que soit le milieu social dont ils sont issus et leur origine.

Les professionnels du collectif demandent donc au gouvernement que des campagnes nationales, issues des observations et des recommandations des professionnels du terrain – sans conflit d’intérêts – soient menées en France et diffusées dans tous les lieux de la petite enfance. Ils souhaitent aussi que des recherches indépendantes soient engagées par des professionnels du terrain, en coopération avec des chercheurs, dans tous les lieux publics de consultation de la petite enfance.

Source: Laurence Moisdon, journaliste à la rédaction d’Allodocteurs.fr

* à noter que selon une étude de l’association française de pédiatrie ambulatoire, 44% des enfants de moins de 3 ans utilisent régulièrement des écrans interactifs…

Les omégas-3, un coup de pouce pour la mémoire ?

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Le bienfait des oméga-3 est connu. De nouvelles recherches permettent d’en savoir plus, notamment sur les effets des oméga-3 sur le cerveau et la mémoire.

Les acides gras oméga-3 sont des acides gras polyinsaturés que l’on trouve en grandes quantités dans certains poissons gras, dans les graines de chia, le lin, la noix, la cameline, le colza et le soja. Les oméga-3, comme les oméga-6, appartiennent à la catégorie des acides gras essentiels, indispensables et non synthétisés par l’organisme. Les sources d’oméga-3 pour l’organisme proviennent principalement de l‘alimentation. Plusieurs études montrent que les oméga-3 apportent un bénéfice en matière de santé cardiaque ; ils auraient un rôle sur l’amélioration des taux lipidiques sanguins, la diminution des thromboses, la régulation de la pression artérielle, du rythme cardiaque et de la fonction vasculaire. C’est en 1970 qu’un premier rapport, rédigé par le professeur Jorn Dyerberg de l’université de Copenhague au Danemark, a démontré les actions bénéfiques des oméga-3 sur la santé de l’homme.

Suite à de nombreux travaux réalisés depuis, l’association américaine du cœur incite, depuis 2003, à la consommation de poissons gras et, pour les personnes souffrant de problèmes cardiaques, à une supplémentation en oméga-3. Ces recommandations ont incité les entreprises à lancer sur le marché de nombreux compléments alimentaires, à base d’oméga-3, revendiquant des effets bénéfiques pour le cœur.

Cependant, ces suppléments varient en terme de composition (dosage, type de poisson utilisé) et ne possèdent donc pas la même efficacité. Ces compléments alimentaires présentent également des risques d’interaction avec d’autres médicaments tels que l’aspirine, avec une augmentation de la fluidité du sang dans ce cas. La consommation de compléments alimentaires permettrait d’atteindre les quantités d’oméga-3 recommandées, à savoir 250 milligrammes ou plus par jour, mais une surconsommation de plus de 500 milligrammes d’oméga-3 et de 2,5 grammes d’oméga-6 par jour présenterait un danger pour l’homme (oxydation des oméga-3, baisse du contrôle glycémique pour les diabétiques).

Par ailleurs, les études montrent également un effet bénéfique des oméga-3 sur le cerveau, et notamment les capacités de mémorisation. Des travaux, menés, entre 2005 et 2008, par le professeur Zaldy Tan du Centre de recherche Easton sur la maladie d’Alzheimer et du département gériatrique de l’université de Californie, permet d’établir un lien entre le taux d’oméga-3 dans le sang et les capacités physiologiques et cognitives du cerveau.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans le magazine “Neurology”. Plus de 1 500 personnes âgées de 67 ans en moyenne ont participé à des tests de mémoire visuelle, de concentration, ainsi qu’à des tests biologiques divers (cholestérol sanguin, pression sanguine).

Les conclusions de l’étude montrent que les personnes présentant un faible taux d’oméga-3 dans le sang (moins de 3,9% d’oméga-3 parmi les acides gras totaux présents dans les globules rouges) ont obtenu de moins bons résultats aux tests que les personnes présentant un taux d’oméga-3 plus élevé, et que, par ailleurs, la circulation sanguine au sein du cerveau était globalement plus difficile dans ce cas. L’étude amène à la conclusion d’un effet bénéfique des oméga-3 sur la vascularisation du cerveau et sur l’augmentation des capacités neuropsychologiques.

D’autres études menées à travers le monde montrent de nouveaux bénéfices des oméga-3 sur la santé. Ainsi, une étude menée par des chercheurs internationaux et dirigée par le professeur Brier de l’Institut de l’alimentation, de la nutrition et de la santé humaine d’Albany (NY), a conclu que les oméga-3 seraient bénéfiques pour diminuer le risque de diabète de type 2 en intervenant dans le processus métabolique de régulation des sucres et des graisses.

Le marché des oméga-3 ne cesse de se développer tant au niveau des aliments et boissons que des compléments alimentaires. Cependant, les sources végétales d’omégas-3 devraient être privilégiées car les poissons qui en contiennent ont aussi tendance à concentrer certains types de polluants, tels que le mercure. C’est d’ailleurs pour cette dernière raison que des organismes tels que Santé Canada, préconisent de ne pas consommer de poisson plus de 2 fois par semaine.

Source: Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT

Les points d’acupuncture se retrouvent-ils au niveau du cerveau ?

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Une collaboration scientifique a permis de démontrer, grâce à la mise en place d’une étude rigoureusement contrôlée, les effets neurobiologiques de l’acupuncture sur différentes aires du cerveau.

L’équipe, composée des Drs Mark Lythgoe (neurosciences, University College London), Aziz Ashghar (neuro-physiologue, Ecole de médecine de l’Université de Hull), Georges Lewith (univeristé de Southampton) et Hugh McPherson (acupuncteur, Université de York), a développé le protocole suivant : chez un groupe de volontaires soumis à des punctures profondes, l’activité cérébrale était enregistrée par imagerie à résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) et magnétoencéphalographie (MEG).

Les résultats étaient ensuite comparés à ceux obtenus pour un groupe contrôle étant soumis à des punctures superficielles. Il est important de noter qu’une puncture profonde correspond à une aiguille d’acupuncture insérée sur une profondeur d’environ 1 cm, après quoi le praticien induit une rotation de l’aiguille jusqu’à ce que l’effet “de chi”. soit obtenu, un effet au cours du quel le patient ressent une sensation de picotement.

Par comparaison, la puncture superficielle correspond à une aiguille insérée sous la peau sur environ 1 mm.Les résultats montrent des différences notables entre les deux groupes. Les punctures superficielles conduisent à une activation des aires motrices du cortex, résultat qui n’est pas inattendu puisqu’il s’agit des aires corticales généralement activées en réponse au toucher ou à la douleur. En revanche, les punctures profondes altèrent l’activité de zones plus profondes du cerveau, en particulier au niveau du système limbique (système impliqué entre autres dans l’olfaction, les émotions, l’apprentissage et la mémoire).

De façon surprenante, cette zone est inhibée en réponse aux punctures profondes. Bien que cette observation soit pour le moins inattendue, elle est en accord avec ce que les supporters de l’acupuncture ont toujours annoncé, à savoir l’efficacité de cette thérapie dans la gestion de la douleur.

Cette étude permettrait ainsi d’apporter la première pierre à la compréhension des mécanismes neurobiologiques impliqués et pourrait expliquer les bénéfices thérapeutiques de l’acupuncture.

Source: Ambassade de France au Royaume-Uni / ADIT

Quand les parents boivent…les enfants « trinquent » !

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De nombreuses études ont montré que les personnes touchées par l’alcoolisme ont un cerveau moins volumineux que les personnes « sobres ». L’explication largement répandue repose sur les effets toxiques de l’alcool qui accélérerait la diminution de volume entraînée par l’âge.

En plus des facteurs génétiques, certains enfants sont confrontés à divers effets biologiques et psychologiques allant de l’anorexie, à des relations instables et une exposition à l’alcool avant la naissance. Tous ces éléments contribuent à augmenter le risque.

Le travail réalisé par Daniel Hommer et James Bjork, du « Laboratory of Clinical and Translationnal Studies du National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism » (NIAAA) apporte de nouvelles preuves des dangers des boissons alcoolisées sur les enfants. En effet, les scientifiques suggèrent qu’un comportement alcoolique parental affecterait la taille du cerveau de l’enfant.

Jodi Gilman, post doctorant et premier auteur de l’étude a utilisé la technique de l’IRM pour mesurer le volume du cerveau et plus particulièrement le volume intracrânien (ICV). L’ICV est le volume maximal qu’occupe le cerveau au moment de la puberté. Ce volume, défini par les limites internes du crâne, ne varie pas avec l’âge et permet donc une comparaison fiable.

Les chercheurs ont montré que le volume du cerveau des personnes avec des antécédents familiaux d’alcoolisme est inférieur de l’ordre de 4% à celui des contrôles. Ils ont également montré que les comportements alcooliques (fréquence, quantité…) sont indépendants du passé familial suggérant ainsi que les variations d’ICV ne sont pas des conséquences des différents comportements alcooliques.
Les scientifiques ont déterminé que les QI d’enfants alcooliques de parents alcooliques sont inférieurs de 5,7 points à la moyenne sans antécédents de boisson mais restent toutefois dans la gamme d’intelligence « normale ».

Bien que l’ICV semble majoritairement déterminée génétiquement, des études ont montré que vivre dans un environnement prospère favorise la croissance et le développement du système nerveux central. Évidemment, les enfants d’alcooliques sont élevés dans des conditions loin d’être optimales !

Le Dr Hommer admet que certains participants de l’étude ont pu subir de faibles effets de l’alcool pendant leur grossesse mais aucun n’a été touché par le syndrome d’alcoolisation fœtale. Les auteurs rapportent que l’ICV des femmes semble plus affectée que celui des hommes par le comportement de leurs mères. Cela serait du à l’influence maternelle sur l’environnement social, intellectuel et nutritionnel. En effet, l’ICV de l’homme ne semble pas varier en fonction d’un comportement alcoolique maternel ou paternel.

Des études complémentaires sont à mener pour déterminer précisément comment le penchant parental pour la boisson affecte la taille du cerveau des enfants. Il faudrait savoir également si l’ICV peut être considérée comme un facteur de risque spécifique pour la dépendance à l’alcool.

Pour George Kunos, directeur scientifique de la « Division of Intramural Clinical and Bioligical Research » du NIAAA, ces informations apportent une meilleure connaissance de l’action des facteurs environnementaux et biologiques sur les enfants de personnes alcooliques.

Source : « Parental Alcohol Use and Brain Volumes in Early- and Late-Onset Alcoholics. » Gilman JM Biol Psychiatry. Rédaction de Brice Obadia (bulletins-électroniques / ADIT).

Premières impressions, faites par le cerveau en un dixième de seconde !

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Le psychologue Alex Todorov, de l’Université de Princeton, estime que les humains répondent intuitivement à un nouveau visage si rapidement, que nos capacités de raisonnement n’ont pas le temps d’influencer la réaction.

Notre cerveau décide en un dixième d’une seconde en voyant un nouveau visage si cette personne est attirante et fiable. Il y a un véritable lien entre les traits du visage et la première impression qui se forme subitement, comme si les humains étaient prédisposés à avoir ces réactions rapidement et sans réfléchir.

Pour en venir à ces conclusions, deux chercheurs ont fait des tests sur 200 personnes en leur montrant des images de 66 visages, pendant une seconde, pendant 500 millisecondes ou pendant 100 millisecondes. Puis, après avoir vu un visage sur un écran, les observateurs ont dû indiquer s’ils trouvaient que la personne avait l’air fiable ou non, et à quel point ils se sentaient confiant dans leur jugement. D’autres tests menés consistaient à demander de juger de la compétence et l’attrait des personnes dont le visage apparaissait.

Les chercheurs ont constaté que si les observateurs ont plus de temps pour regarder l’image du visage, l’impression première, le jugement ne change pas. Les personnes sont simplement plus sûres de leurs réactions initiales quand les chercheurs leur donnent plus de temps pour regarder l’image.

Les chercheurs ne savent pas exactement pourquoi le cerveau forme ces impressions si rapidement, ni quels traits particuliers du visage influencent ces jugements. Le Dr. Todorov utilise une imagerie fonctionnelle par résonance magnétique nucléaire pour analyser la partie du cerveau active, celle où se trouve la réponse de la peur semble jouer un rôle dans ces jugements rapides. D’après ses résultats, cette partie du cerveau, l’amygdale (le centre de contrôle des émotions – à ne pas confondre avec les amygdales du fond de la gorge) peut se manifester dans les impressions de fiabilité.

Ceci dit, Todorov avertit que ses recherches n’indiquent pas que les premières impressions ne peuvent pas être transformés par le raisonnement du cortex préfrontal, où se situent les capacités cognitives. Finalement, quand les humains commencent à mieux se connaître, ils peuvent former une véritable impression, plus équilibrée et raisonnable.

Les résultats complets sont publiés dans le Psychological Science vol. 17. Cette étude a été financée en partie par la National Science Foundation.

Source: extrait du Bulletins-Electroniques n° 47 / ADIT